Media

télécharger

dossier de presse solawa

photo 300 DPI

devis technique

————————–

solawa dans les médias

ICI Musique

«Quand la lumière jaillit du métissage»

Par Catherine Pépin – icimusique.ca, octobre 2016.

Solawa: l’essence de ce groupe montréalais tient tout entière dans ce nom intrigant. « Sol », c’est soleil en espagnol, tandis qu’« awa » signifie près de nous en cri et musique, chant en persan (farsi).

Solawa, c’est bel et bien une musique lumineuse interprétée par cinq artistes d’origines diverses, dont une chanteuse métisse, un saxophoniste argentin et un percussionniste iranien. Le premier album du groupe a été enregistré grâce au prix que ce dernier a remporté à la Vitrine des musiques locales métissées, décerné par ICI Musique.

Il s’ouvre sur une chanson étonnante, trait d’union entre l’Afrique de l’Ouest et le vaste territoire cri. La harpe délicate d’Éveline Grégoire-Rousseau se déploie comme une kora et vient soutenir la voix joliment voilée de l’artiste multidisciplinaire métisse Moe Clark. C’est le contrebassiste Jean-Félix Mailloux qui a eu l’idée de créer une rencontre entre ces deux femmes, point de départ du groupe Solawa.

Écoutez le tout nouveau vidéo de la première chanson de l’album: 

Dès la deuxième pièce, la formation démontre l’étendue de son répertoire puisqu’on passe de la langue crie à l’espagnol avec El endredado, puis on enchaîne en anglais avec la chanson Shine in Fire, ballade jazzy réchauffée par le saxophone de Damian Nisenson. Retour à l’espagnol avec El entripado, une berceuse veloutée interprétée en duo.

Deux pièces sont en français : Légende et Étoiles, qui nous font découvrir la voix claire de la harpiste Éveline Grégoire-Rousseau.

L’album de Solawa est l’occasion de mettre de l’avant les talents de chacun des membres : la création parlée (ou spoken word) de Moe Clark (Mbira III Tapestry et Divination, a Dream) ou encore la sublime composition orientale du percussionniste Ziyan Tabassian (Shab).

Solawa mélange savamment les influences, tout en préservant l’harmonie, résultat de l’évidente complicité de ses membres.

Catherine Pépin

VOIR

Solawa

Malasartes, 2016
 

Aux racines autochtones, québécoises, iraniennes ou argentines, les mondes du quintette Solawa se fusionnent comme par magie dans une musique créative, dépaysante à souhait, mais avec des repères  qui célèbrent encore la diversité montréalaise. En espagnol, en cri, en anglais et en français, on entend la captivante Moe Clark, une artiste métisse qui se livre aussi dans un spoken word pertinent et poétique. Pour lui donner la réplique, la voix rocailleuse du saxophoniste Damian Nisenson, un valeureux briscard qui semble avoir bourlingué sur toutes les mers du monde avec son jazz au cœur et, dans son baluchon, des folklores juifs ou latins. Ce premier volume inégal et parfois génial rassemble des éléments hétéroclites comme la contrebasse, la harpe celtique et les percussions persanes. Un hymne au soleil.

LE DEVOIR

Musique métissée

Les métissages lumineux de Solawa

Le délicat quintette lance un premier disque

1 octobre 2016 | Yves BernardCollaborateur | Musique
Solawa renferme tout naturellement cette lumineuse sagesse apaisante qui s’élève tout doucement au-dessus des modes.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Solawa renferme tout naturellement cette lumineuse sagesse apaisante qui s’élève tout doucement au-dessus des modes.
Musique métissée
Solawa
Solawa
Malasartes
Concert de lancement à la Vitrola, le lundi 3 octobre à 20 h.

Lauréat de quatre coups de coeur à la Vitrine des musiques locales métissées l’an dernier, Solawa est l’une des plus belles découvertes montréalaises de la dernière année. Aux confins des métissages entre culture autochtone, chanson québécoise ou latino-américaine, spoken word, jazz et autres musiques métissées d’un parfum d’Orient et de sonorités juives, le quintette lance lundi son premier disque à la Vitrola. Solawa renferme tout naturellement cette lumineuse sagesse apaisante qui s’élève tout doucement au-dessus des modes.

« Il faut libérer nos histoires, nos paroles, nos chansons. Il faut les goûter, les toucher et favoriser l’expérience sensuelle », disait l’artiste métisse multidisciplinaire Moe Clark dans une entrevue accordée au printemps. Cette semaine, nous avons rassemblé les quatre autres membres du groupe ; chacun à leur façon, ils ont parlé du caractère naturel des métissages qui se dégagent de, ou plutôt qui engagent leur création. Jean Félix Mailloux, contrebassiste aux notes rondes et denses, a mis le projet en oeuvre à l’automne 2014. « Dès le début, ç’a été plus un mélange qu’une suite de compositions que chacun apporte. C’est ce que j’avais envie de créer et ç’a été au-delà de mes espérances. Dans les autres projets, mes compositions sont plus achevées, mais ici, je crée des pièces pas finies pour laisser de la place aux autres. »

Dans chacune des pièces, chacun apporte ses couleurs et sa personnalité. Moe Clark chante et raconte des histoires dans la musique, Damian Nisenson fait respirer ses saxophones et ses chansons poétiques, Jean Félix Mailloux apporte une teinte de jazz voyageur, pendant qu’Éveline Grégoire-Rousseau fait de douces vagues à la harpe et que Ziya Tabassian explore aux percussions des sonorités qui ne sont pas qu’orientales. « Ce sont cinq univers qui se marient de façon très naturelle, dit-il. Ça m’a fait grandir, dans le sens où il y a plus de chansons et où j’étais moins habitué à en jouer. Je suis allé chercher un peu de batterie et j’utilise aussi le tombak, mais j’ai laissé ça ouvert, sans forcer. » Ailleurs, on a connu Ziya avec Constantinople ou par ses projets très singuliers de construction rythmique. Actuellement, il mène les destinées de Golestan et on le retrouve aussi dans le groupe Regard persan.

Tout au long du parcours de Solawa, la harpiste Éveline Grégoire-Rousseau se fond dans la finesse de l’ensemble avec un son fluide, en offrant des clins d’oeil au piano à pouce africain, à la guitare rythmique sud-américaine et même aux cordes orientales. Elle s’accompagne en chantant les étoiles, improvise et offre aussi quelques subtiles claques rythmiques. De formation classique, elle contribue, avec les Sarah Pagé des Barr Brothers ou Emilie Ogden, au regain d’intérêt pour son instrument. « Depuis une douzaine d’années, j’ai voulu démystifier la harpe. J’arrive à faire un peu tous les styles et tous les styles m’influencent. J’ai une harpe électrique, des pédales à effets, de la distorsion et du délai, mais avec Solawa, je joue de la grande harpe classique avec les mécanismes à pédale. »

Dans le groupe, chacun compose, alors qu’Éveline écrit des textes teintés de nature, que Damian se livre à des images abstraites pourtant inspirées de la vie et que Moe libère en cri des plaines ou en anglais les images de son bagage culturel. « Il y a tellement de musique dans ses paroles, même si on ne les comprend pas. Ce qui rend un texte poétique, ce n’est pas seulement le contenu émotionnel et ce que dit Moe, c’est surtout la façon dont elle le dit : ça voyage, c’est d’une douceur, c’est d’une profondeur extraordinaire. » Avec ses complices, elle fait rêver en créant un climat de douce euphorie.